Financement solidaire et aides régionales en Île-de-France

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Dans ce guide
- Qui finance une petite entreprise ou une entreprise de l'ESS en Île-de-France
- Les aides de la Région Île-de-France pour une entreprise : Innov'up et PM'up
- La finance solidaire : épargne, financeurs et garanties
- Se faire accompagner : quelles structures en Île-de-France et en Seine-Saint-Denis
- Construire un plan de financement réaliste et un calendrier
- Les questions qu'on pose souvent sur le financement solidaire en Île-de-France
- Sources officielles citées
Le financement solidaire regroupe l'épargne vers des activités à forte utilité sociale, les subventions Innov'up et PM'up, les garanties bancaires et l'accompagnement des structures du territoire. Cette page détaille qui finance quoi en Île-de-France et comment construire un calendrier réaliste.
Le financement solidaire désigne les circuits qui orientent une épargne vers des activités à forte utilité sociale ou environnementale, en complément des subventions régionales, des garanties bancaires et de l'accompagnement proposé par les structures du territoire. Une petite entreprise ou une structure de l'économie sociale et solidaire installée en Seine-Saint-Denis ou ailleurs en Île-de-France combine le plus souvent plusieurs de ces ressources selon le stade de son projet. Cette page présente qui finance quoi dans la région, les règles d'Innov'up et de PM'up, le fonctionnement de la finance solidaire, les structures d'accompagnement disponibles et une méthode pour construire un plan de financement réaliste.
Qui finance une petite entreprise ou une entreprise de l'ESS en Île-de-France
Aucun acteur unique ne couvre l'ensemble des besoins d'un projet. Quatre familles de ressources coexistent en Île-de-France, chacune avec ses propres conditions et son propre calendrier.
Quatre familles de financement qui se complètent
La première famille regroupe les subventions régionales : la Région Île-de-France finance des projets précis, le plus souvent d'innovation ou de croissance, via Innov'up ou PM'up, décrits plus bas. La deuxième famille correspond à la finance solidaire : une épargne orientée vers des structures à forte utilité sociale, notamment celles agréées entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS). La troisième famille regroupe les garanties bancaires, qui ne financent rien directement mais réduisent le risque pris par la banque sur un prêt professionnel. La quatrième famille, transversale, correspond à l'accompagnement : un porteur de projet peut solliciter un incubateur, une coopérative d'activité et d'emploi, le dispositif local d'accompagnement ou un développeur économique de son territoire pour structurer un dossier et identifier les financements pertinents.
À quel moment solliciter quel type de financement
Le moment où solliciter chacune de ces ressources dépend du stade du projet, pas uniquement de son secteur. Avant toute immatriculation, l'accompagnement et le test d'activité priment. Une fois l'activité lancée, les dispositifs régionaux deviennent mobilisables, sous réserve de déposer la demande avant le démarrage effectif du projet : une dépense engagée avant le dépôt n'est jamais prise en compte. La finance solidaire et les garanties bancaires interviennent le plus souvent au moment de boucler un plan de financement. Une entreprise qui vise l'agrément ESUS gagne à l'anticiper, car il conditionne l'accès à une partie de la finance solidaire, notamment les fonds dits « 90-10 » détaillés plus loin.
Solliciter un dispositif régional sans avoir vérifié l'éligibilité de la structure, le secteur et le calendrier de dépôt reste l'erreur la plus fréquente.
Les aides de la Région Île-de-France pour une entreprise : Innov'up et PM'up
La Région Île-de-France et Bpifrance financent les projets d'innovation via Innov'up, tandis que PM'up s'adresse aux PME portant un projet de croissance avec un axe de transition écologique obligatoire. Les deux dispositifs sont ouverts aux associations qui exercent une activité économique.
Innov'up : financer un projet d'innovation, y compris sociale
Innov'up finance des projets de recherche, développement et innovation relatifs à des produits, des services, des procédés, des organisations ou à l'innovation sociale, à tous les stades de maturité, de la faisabilité à la mise sur le marché. Sont éligibles les TPE, les PME et les ETI, quelle que soit leur forme juridique, ainsi que les associations ayant une activité économique, à condition de posséder au moins un établissement en Île-de-France ou de justifier d'une volonté de s'y implanter ; les dépenses de recherche et développement doivent être réalisées en Île-de-France exclusivement. L'aide prend la forme d'une subvention couplée à un prêt à l'innovation ou à une avance récupérable, dans la limite de 500 000 euros de subvention et de 3 millions d'euros en prêt ou en avance ; le taux d'intervention varie de 25 % à 70 % selon la taille de l'entreprise et la nature du projet. La demande doit être déposée avant le démarrage du projet : toute dépense antérieure n'est pas prise en compte. Les porteurs accompagnés par l'un des 28 incubateurs labellisés « Innov'up Incubation » bénéficient d'un accès facilité.
PM'up : financer la croissance d'une PME avec un axe écologique
PM'up s'adresse aux petites et moyennes entreprises, y compris aux associations régies par la loi de 1901 ayant une activité économique, employant entre 5 et 250 salariés, dont le chiffre d'affaires n'excède pas 50 millions d'euros ou dont le bilan total n'excède pas 43 millions d'euros, non affiliées à un groupe de dimension supérieure, et disposant d'au moins un établissement en Île-de-France. Le dispositif soutient des projets de transformation écologique, de production stratégique sur le territoire, de sauvegarde d'activités menacées ou de croissance créatrice d'emplois, avec un axe de transition écologique obligatoire. Les dépenses éligibles couvrent les investissements matériels et immatériels, les prestations de conseil, le dépôt de brevet, les recrutements structurants et le développement international. L'aide est une subvention plafonnée à 250 000 euros, portée exceptionnellement à 375 000 euros pour les projets en zone de reconquête économique ou à fort impact écologique, dans la limite de 50 % des dépenses éligibles, avec un jury mensuel. Les projets de l'économie sociale et solidaire sont éligibles ; les activités de négoce, de conseil aux entreprises, les professions réglementées et les activités financières et immobilières en sont exclues.
| Dispositif | Public éligible | Nature de l'aide | Plafond et taux |
|---|---|---|---|
| Innov'up | TPE, PME, ETI et associations à activité économique, projet d'innovation y compris sociale, au moins un établissement en Île-de-France | Subvention couplée à un prêt à l'innovation R&D ou à une avance récupérable | 500 000 € de subvention, 3 M€ en prêt ou avance, taux de 25 % à 70 % |
| PM'up | PME de 5 à 250 salariés, CA ≤ 50 M€ ou bilan ≤ 43 M€, associations à activité économique, au moins un établissement en Île-de-France | Subvention, avec axe de transition écologique obligatoire | 250 000 €, 375 000 € par exception, taux maximal de 50 % des dépenses éligibles |
Innov'up et PM'up, repères
- Opérateurs : Région Île-de-France, en partenariat avec Bpifrance pour Innov'up
- Dépôt des dossiers : Plateforme régionale mesdemarches.iledefrance.fr, candidatures au fil de l'eau
- Condition commune : La demande doit être déposée avant le démarrage du projet ; aucune dépense antérieure n'est prise en compte
- Incubateurs labellisés « Innov'up Incubation » : 28 structures en Île-de-France, accès facilité à l'aide Innov'up


La finance solidaire : épargne, financeurs et garanties
Au-delà des subventions régionales, une partie des financements disponibles provient de la finance solidaire et des garanties bancaires, qui facilitent l'obtention d'un prêt professionnel sans financer directement un projet.
Qu'est-ce que la finance solidaire
La finance solidaire recouvre les initiatives et réglementations qui facilitent le financement de projets destinés à lutter contre l'exclusion et à améliorer la cohésion sociale, selon la définition retenue par la Banque de France. Elle repose sur une épargne placée sur des produits financiers solidaires, dont la rentabilité financière n'est pas la priorité première de l'épargnant : cette épargne est orientée vers des porteurs de projets qui développent des activités à forte utilité sociale ou environnementale, celles qui trouveraient difficilement un financement dans les circuits classiques car jugées insuffisamment rentables. Deux types de produits existent selon les critères du label Finansol : les produits d'investissement solidaire, pour lesquels tout ou partie du montant placé finance directement des projets d'utilité sociale, et les produits de partage, pour lesquels au moins 25 % de l'intérêt généré est reversé sous forme de dons à une association. Depuis 1997, le label Finansol distingue les produits d'épargne solidaire des autres produits d'épargne, aujourd'hui porté par l'association FAIR, collectif des acteurs de la finance à impact social en France.
Les fonds « 90-10 » et l'épargne salariale solidaire
Le principal outil de collecte de la finance solidaire en France reste le fonds dit « 90-10 » : un organisme de placement collectif tenu d'investir entre 5 et 10 % de ses actifs directement dans des organismes considérés comme solidaires, le plus souvent des structures agréées ESUS, les 90 à 95 % restants étant sélectionnés selon des critères d'investissement socialement responsable. Ce mécanisme est né de la loi Fabius du 19 février 2001, qui a défini les fonds communs de placement d'entreprise solidaires et rendu obligatoire la présence d'au moins un fonds solidaire dans certains dispositifs d'épargne retraite collective. La loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008 a étendu cette obligation à tous les plans d'épargne entreprise à compter du 1er janvier 2010. La loi PACTE du 22 mai 2019 a ensuite étendu l'obligation aux plans d'épargne retraite et imposé aux assureurs de proposer au moins une unité de compte solidaire dans leurs contrats d'assurance-vie multisupports. L'épargne salariale solidaire représente ainsi la majeure partie de la collecte de la finance solidaire en France, devant l'assurance-vie et les produits souscrits directement par des particuliers.
Les garanties bancaires pour sécuriser un prêt professionnel
Une garantie bancaire ne finance pas un projet : elle couvre une partie de la perte finale de la banque en cas de défaillance de l'emprunteur, moyennant une commission, ce qui facilite la décision de la banque et limite la demande de garanties personnelles sur le patrimoine du dirigeant. Bpifrance propose une garantie dite « Création Standard », qui couvre jusqu'à 60 % du montant des prêts consentis aux petites et moyennes entreprises de moins de trois ans, pour une création d'activité ou le développement d'une activité nouvelle ; jusqu'à 200 000 euros de prêt, la banque peut la mobiliser sans instruction préalable. Une garantie dite « Création Verte », plafonnée à 80 % du prêt, existe pour les projets liés à la transition écologique des très petites et moyennes entreprises. En Île-de-France, le Fonds Régional de Garantie, porté par la Région en partenariat avec Bpifrance, co-garantit jusqu'à 80 % des prêts bancaires accordés aux PME franciliennes pour leur création, leur développement, leur transmission ou le renforcement de leur trésorerie ; sa sollicitation est effectuée directement par l'établissement bancaire, et non par l'entreprise elle-même.
La finance solidaire ne remplace pas un dossier solide
Accéder à un fonds solidaire ou à une garantie bancaire suppose, le plus souvent, d'avoir déjà obtenu l'agrément ESUS ou de présenter un dossier instruit par une banque ou un financeur solidaire. Une structure qui construit son plan de financement sur une seule de ces ressources, sans alternative, prend un risque de trésorerie si le dossier est refusé ou si l'instruction tarde.
Se faire accompagner : quelles structures en Île-de-France et en Seine-Saint-Denis
Avant ou pendant la recherche d'un financement, plusieurs structures accompagnent un porteur de projet ou une entreprise déjà en activité, selon le stade et la nature du projet.
Les incubateurs, pour un projet innovant
Un incubateur est une structure d'accompagnement à la création d'entreprise qui permet de tester une future activité, sous réserve que le projet soit innovant : un caractère novateur et un fort potentiel de développement économique, ce qui correspond le plus souvent à une start-up. L'incubateur accompagne un porteur de projet pendant six mois à un an et demi, en mettant à disposition des locaux, du matériel, des conseils personnalisés et une mise en réseau ; il est souvent situé au sein d'une université ou d'un pôle de recherche, pour un coût variant généralement entre 150 et 500 euros par mois selon les prestations choisies. En Île-de-France, 28 incubateurs sont labellisés « Innov'up Incubation » par la Région, ce qui facilite l'accès de leurs porteurs de projet au dispositif Innov'up.
Les couveuses et les coopératives d'activité et d'emploi, pour tester une activité en étant salarié
Une couveuse d'entreprises et une coopérative d'activité et d'emploi (CAE) permettent toutes deux de tester une activité en grandeur réelle, sous le numéro d'identification de la structure, avant de créer sa propre entreprise. Elles s'adressent à un demandeur d'emploi indemnisé, à un bénéficiaire d'un minimum social ou à un salarié à temps partiel, et excluent les activités nécessitant un bail commercial ou les activités réglementées. Dans une coopérative d'activité et d'emploi, le porteur de projet signe d'abord un contrat d'appui au projet d'entreprise avec la coopérative pour une période de test de six à dix-huit mois : ce n'est pas un contrat de travail, mais il ouvre une protection sociale ; la coopérative facture les clients, encaisse le chiffre d'affaires et prélève une contribution, en moyenne de 10 %, pour les services mutualisés qu'elle propose, comptabilité, paie et formation. Si le test est concluant, le porteur de projet devient salarié de la coopérative, puis associé dans un délai maximal de trois ans, ou choisit de créer sa propre entreprise avec la clientèle acquise. Ce modèle convient à des activités de service, de conseil ou de création, pas à celles qui nécessitent un local commercial ou un investissement matériel important.
Le dispositif local d'accompagnement, pour consolider une structure de l'ESS
Le dispositif local d'accompagnement (DLA) est le premier dispositif public d'accompagnement de l'économie sociale et solidaire en France, créé en 2002 par l'État et la Caisse des dépôts, rejoints depuis par le Mouvement associatif, le Fonds social européen, les régions et ESS France. Il s'adresse aux structures employeuses de l'économie sociale et solidaire définies par la loi de 2014 : associations employeuses, coopératives à finalité sociale, structures d'insertion, entreprises agréées ESUS. Le dispositif repose sur une adhésion volontaire, un diagnostic partagé puis un accompagnement sur mesure et gratuit, mis en œuvre par un réseau de 103 dispositifs départementaux et de 17 dispositifs régionaux, animés au niveau national par l'Avise. Le DLA accompagne près de 6 000 structures chaque année, sans apport financier direct : son rôle est de renforcer le modèle économique de la structure accompagnée.
Les développeurs économiques des territoires, l'interlocuteur de proximité
Dans chaque territoire, un développeur économique rattaché à une intercommunalité, à une chambre consulaire ou à une agence de développement économique joue un rôle d'interlocuteur de proximité pour les entreprises : il conseille, oriente localement et met en relation avec les dispositifs pertinents selon le secteur et le stade du projet. En Seine-Saint-Denis, la chambre de commerce et d'industrie départementale accompagne les porteurs de projet et les dirigeants à chaque étape de leur parcours, de la création au développement, en lien avec les collectivités territoriales du département. Ces développeurs connaissent les dispositifs mobilisables sur leur territoire précis et constituent souvent le premier point de contact avant de solliciter un incubateur ou un financeur solidaire.
| Structure | Pour quel porteur de projet | À quel stade |
|---|---|---|
| Incubateur | Projet innovant, à fort potentiel de développement économique | Avant la création, jusqu'au développement d'une activité innovante |
| Couveuse ou coopérative d'activité et d'emploi (CAE) | Demandeur d'emploi indemnisé, bénéficiaire d'un minimum social, salarié à temps partiel | Avant la création, test d'activité en étant salarié |
| Dispositif local d'accompagnement (DLA) | Structure employeuse de l'économie sociale et solidaire | Consolidation ou développement d'une activité déjà en place |
| Développeur économique du territoire | Tout porteur de projet ou entreprise du territoire | À tout moment, orientation vers les dispositifs pertinents |
Construire un plan de financement réaliste et un calendrier
Un plan de financement réaliste combine les ressources vues plus haut dans un ordre cohérent, sans les solliciter toutes en même temps.
Les étapes d'un plan de financement
La première étape consiste à chiffrer précisément le besoin : investissement matériel, besoin en fonds de roulement, recrutement, dépenses de recherche et développement le cas échéant. La deuxième étape consiste à vérifier l'éligibilité de la structure à chaque dispositif, en particulier les critères d'effectif, de chiffre d'affaires et de secteur d'Innov'up et de PM'up. La troisième étape consiste à solliciter un accompagnement, auprès d'un incubateur, d'un développeur économique du territoire ou, pour une structure de l'ESS déjà en activité, du dispositif local d'accompagnement. La quatrième étape consiste à déposer les demandes de subvention régionale avant tout démarrage du projet, puisqu'une dépense antérieure au dépôt n'est jamais prise en compte. La cinquième étape, souvent menée en parallèle, consiste à solliciter la banque pour la part du financement couverte par un prêt, en mobilisant si besoin une garantie bancaire. La sixième étape, pour une structure qui vise l'agrément ESUS, consiste à déposer ce dossier auprès de la DREETS une fois l'activité d'utilité sociale établie dans les statuts.
Un calendrier type, à titre d'illustration
Prenons l'exemple hypothétique d'une structure de l'ESS qui développe un service de réparation d'équipements électroniques en Seine-Saint-Denis, et qui doit financer un local, du matériel et le recrutement de deux salariés. Ce calendrier reste une illustration : chaque projet suit un rythme différent selon son secteur et le montant à réunir.
| Étape | Ce qu'on y fait | Repère de durée |
|---|---|---|
| Chiffrage du besoin et premiers contacts d'accompagnement | Prise de contact avec un développeur économique du territoire ou un incubateur pour cadrer le projet | 1 à 2 mois |
| Vérification de l'éligibilité aux dispositifs régionaux | Lecture du règlement Innov'up ou PM'up, vérification des secteurs exclus et des seuils d'effectif et de chiffre d'affaires | Quelques semaines |
| Montage et dépôt du dossier régional | Dépôt sur la plateforme régionale, avant tout démarrage du projet concerné | 2 à 4 mois de préparation |
| Instruction par la Région ou par le jury | Instruction au fil de l'eau pour Innov'up, jury mensuel pour PM'up | Plusieurs semaines à quelques mois après le dépôt |
| Recherche du financement bancaire complémentaire | Discussion avec la banque, mobilisation d'une garantie bancaire si nécessaire | En parallèle du dépôt régional |
| Dépôt de la demande d'agrément ESUS, si pertinent | Dossier déposé auprès de la DREETS une fois l'utilité sociale établie dans les statuts | Souvent dans la première année d'activité |
Les erreurs qui coûtent le plus cher
La première erreur consiste à engager une dépense avant le dépôt du dossier de subvention régionale, ce qui la rend inéligible. La deuxième erreur consiste à ignorer les secteurs exclus de PM'up, notamment le conseil aux entreprises ou les professions réglementées. La troisième erreur consiste à solliciter la finance solidaire sans avoir vérifié si la structure remplit les conditions de l'agrément ESUS. La quatrième erreur consiste à négliger l'accompagnement en amont : un dossier monté seul, sans passage par un incubateur, un développeur économique ou le dispositif local d'accompagnement selon le profil de la structure, part souvent avec des lacunes identifiables en quelques entretiens. La cinquième erreur, pour une entreprise qui envisage un quartier prioritaire, consiste à présenter un emploi franc ou une exonération de zone franche urbaine comme un financement disponible en 2026 : ces deux dispositifs ont pris fin, respectivement pour les contrats signés après le 31 décembre 2024 et pour toute nouvelle installation depuis le 1er janvier 2026.
Les questions qu'on pose souvent sur le financement solidaire en Île-de-France
C'est l'ensemble des circuits qui orientent une épargne vers des activités à forte utilité sociale ou environnementale, en complément des subventions publiques et des garanties bancaires, selon la définition retenue par la Banque de France.
Oui, dans les deux cas, sous réserve que l'association exerce une activité économique. Innov'up vise les projets d'innovation, y compris sociale, tandis que PM'up cible la croissance des PME de 5 à 250 salariés, avec un axe de transition écologique obligatoire dans le dossier. Les deux dispositifs se déposent au fil de l'eau sur la plateforme régionale, avant tout démarrage du projet.
Une partie de la finance solidaire, notamment les fonds dits « 90-10 » logés dans l'épargne salariale, l'épargne retraite et certains contrats d'assurance-vie, est réservée en priorité aux organismes agréés entreprise solidaire d'utilité sociale (ESUS). D'autres produits labellisés Finansol financent des structures à forte utilité sociale sans que l'agrément ESUS soit systématiquement exigé, selon les critères propres à chaque financeur.
Une subvention verse un financement direct à l'entreprise, alors qu'une garantie bancaire ne finance rien : elle couvre une partie de la perte finale de la banque si l'emprunteur fait défaut, ce qui facilite l'octroi du prêt et limite la demande de garanties personnelles sur le patrimoine du dirigeant. Les deux peuvent se combiner dans un même plan de financement.
Cela dépend du profil du projet : un incubateur convient à un projet innovant, une couveuse ou une coopérative d'activité et d'emploi à un porteur de projet qui veut tester une activité de service en étant salarié, le dispositif local d'accompagnement à une structure de l'ESS déjà en activité qui veut consolider ses emplois, et un développeur économique du territoire, par exemple au sein d'une chambre de commerce et d'industrie départementale, pour une première orientation.
Sources officielles citées
- Innov'up, Région Île-de-France
- PM'up, Région Île-de-France
- Fonds Régional de Garantie, Région Île-de-France
- Finance solidaire, Banque de France
- La finance solidaire : donner du sens à l'argent !, ministère de l'Économie
- Économie sociale et solidaire : qu'est-ce que l'agrément « Entreprise solidaire d'utilité sociale » ?, ministère de l'Économie
- Les fonds « 90/10 », fierté de la finance solidaire en France, FAIR, finance à impact social
- Le DLA, premier dispositif d'accompagnement des associations, Avise
- Présentation du DLA, dispositif local d'accompagnement
- Comment tester son projet ou son activité dans un incubateur d'entreprises ?, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Comment tester son activité dans une coopérative d'activités et d'emploi (CAE) ?, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Garanties bancaires : de quoi s'agit-il ?, Bpifrance Création
Ce guide fait partie d'un ensemble plus large : retrouvez la vue d'ensemble des dispositifs, des financements et des parcours pour entreprendre dans les quartiers et dans l'économie sociale et solidaire.
Les guides « Financer »
Innov'up, PM'up, finance solidaire, réseaux d'accompagnement de Seine-Saint-Denis : qui finance quoi, et à quel moment le solliciter.


